L’arc du crime — Tome 2


Kebab sauce blanche, cliente sauce mortelle

Un homme officiellement mort depuis vingt-deux ans vient d’être interpellé.

Pour le capitaine Florentin, Glapic et Hubilly, cette arrestation devrait permettre de faire avancer l’enquête sur le meurtre de Patricia Eldadou. Pourtant, l’apparition du mystérieux Corbeau ajoute une nouvelle énigme à un dossier qui en possède déjà beaucoup trop.

Un cutter abandonné, une pochette cachée dans une chasse d’eau, plusieurs identités pour un même homme et une vidéo dont certains détails défient l’anatomie humaine conduisent progressivement les enquêteurs bien au-delà de L’Arc du Monde et du quartier de la gare.

Derrière les faux papiers et les silences se dessine un réseau capable d’effacer des vies, de fabriquer des morts et de poursuivre ses victimes au-delà des frontières.

La vérité se rapproche. Le danger aussi.

Ce deuxième tome poursuit directement l’enquête commencée dans le premier volume.

Extrait

Le silence qui suivit fut suffisamment long pour permettre à chacun d’imaginer son propre gros problème.

Glapic pensa probablement à une arme.

Hubilly, qui raisonnait volontiers en distances, dut envisager que le Corbeau se trouvait beaucoup plus près d’eux que prévu.

Florentin, lui, se contenta de serrer un peu plus fort son téléphone.

— Quel genre de gros problème ?

À l’autre bout de la ligne, le chef de la BAC hésita.

Ce détail inquiéta immédiatement le capitaine. L’homme n’était pas réputé pour chercher ses mots. Il les utilisait généralement comme ses équipes utilisaient les portières de leurs véhicules : rapidement, fermement et sans toujours se préoccuper du bruit.

— On a identifié votre Corbeau.

Florentin échangea un regard avec Glapic.

— C’est plutôt une bonne nouvelle.
— C’est exactement ce que je pensais il y a cinq minutes.
— Et qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

Un léger brouhaha parvenait depuis l’autre bout de la communication. Des voix, une portière qui claquait, puis quelqu’un demanda s’il fallait emmener l’homme au commissariat.

Le chef de la BAC s’éloigna de quelques mètres avant de reprendre :

— Le type nous a présenté une carte d’identité au nom d’Élias Vernet. Le document a l’air authentique. La photographie correspond, la date de naissance est cohérente et il connaît parfaitement toutes les informations inscrites dessus.

— Vous avez vérifié le fichier ?

— Évidemment.

Florentin ne releva pas le ton légèrement vexé. Demander à un chef de la BAC s’il avait effectué une vérification élémentaire revenait à demander à un boulanger s’il avait pensé à mettre de la farine dans son pain.

— Et ?

— Élias Vernet est mort.

Personne ne bougea dans le petit bureau.

Même le carton de boissons sur lequel Hubilly était assis depuis plusieurs heures sembla retrouver une certaine dignité.

Florentin fronça les sourcils.

— Mort quand ?

— Il y a vingt-deux ans.

Glapic, qui avait recommencé à écrire par réflexe, suspendit son stylo au-dessus de son carnet.

— Vous êtes certain qu’il ne s’agit pas d’un homonyme ? demanda Florentin.
— Même nom, même date de naissance, même lieu de naissance. Et ce n’est pas tout.

Le capitaine sentit venir la partie de la conversation qui justifiait réellement l’expression « gros problème ».

— Je vous écoute.
— Élias Vernet était légionnaire.

Florentin se leva lentement.

Informations

Ebook : 241 pages
Brochê : format 14,8 x 21 cm, 252 pages

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